L'intervention des USA

Un des aspects les plus grotesques et les plus mensongers de la campagne menée à l'heure actuelle contre la Russie - qui serait franchement comique s'il n'y avait pas des milliers de morts - consiste à dénoncer l'intervention de la Russie dans les affaires d'un État souverain, qui n'a fait qu'un avec la Moscovie pendant quasiment toute son histoire, et dont la population est fondamentalement russe, alors que les États-Unis, dont on voit mal sur quel principe ils fonderaient la légitimité de leur intervention dans un pays qui n'a rien de commun avec eux, ne cessent d'y manipuler le jeu politique, et prétendent décider de son destin, comme s'il s'agissait d'une colonie qui leur appartenait depuis longtemps.

L'implication des USA dans le coup d'Etat de février

Que les États-Unis soient à l'origine de ce coup d'Etat ne faisait aucun doute pour tous les observateurs, tout au moins pour ceux qui voulaient ouvrir les yeux. Or dans une interview à la chaîne CNN, donnée le 1er février 2015, Barak Obama a commis une magnifique gaffe en avouant involontairement que le changement de pouvoir avait bien été organisé par les USA, en lâchant cette phrase : "... the protests in the Maidan, and Yanukovych then fleeing after we'd brokered a deal to transition power in Ukraine." Ce qui signifie que Ianoukovitch a dû fuir "après que nous ayons formé un pacte pour changer le pouvoir en Ukraine". On ne peut être plus clair, les putschistes avaient un pacte avec le gouvernement américain, et ils n'ont agi qu'en étant absolument assuré de leur soutien. On trouvera le script de cette interview à l'adresse suivante : 

http://transcripts.cnn.com/TRANSCRIPTS/1502/01/fzgps.01.html

Bien avant, la preuve de leur implication dans le coup d'Etat avait été donnée par la publication sur Youtube de l'enregistrement d'une conversation téléphonique de Victoria Nuland avec l'ambassadeur des États-Unis à Kiev, Geoffrey R. Pyatt, dans laquelle l'assistante du secrétaire d'État donnait déjà le nom de l'homme que les USA voulaient voir au gouvernement : Arseni Iatseniouk. On trouvera la conversation ainsi que sa retranscription en français à l'adresse suivante:

http://www.voltairenet.org/article182063.html

Il faut noter que les USA n'ont même pas cherché à nier l'authenticité de ce document, ils se sont contentés de dire que de telles révélations, émanant probablement des services secrets russes, étaient tout à fait indignes et malhonnêtes ; dans leur logique, révéler la vérité au public est malhonnête, mais organiser un coup d'Etat dans une démocratie semble parfaitement légitime.


De gauche à droite : Oleh Tyahnybok, leader du parti néonazi 'Svoboda', Victoria Nuland, Arseni Iatseniouk, devenu premier ministre, et derrière, Vitali Klitschko, ancien champion de boxe, aujourd'hui maire de Kiev.


Enfin, des courriers entre l'ambassade des États-Unis à Kiev et le gouvernement américain ont été dévoilés sur le site de Wikileaks, qui démontrent que Petro Porochenko travaillait pour leur compte depuis 2006 ; dans ces documents, il est désigné comme " our Ukraine insider Petro Poroshenko", "notre agent infiltré à Kiev". On trouvera quelques-uns de ces documents aux adresses suivantes :

https://wikileaks.org/plusd/cables/06KIEV1706_a.html

https://search.wikileaks.org/plusd/cables/10KYIV246_a.html

Ainsi, que les États-Unis organisent un coup d'Etat dans un pays tiers n'est pas considéré par nos gouvernements et nos médias comme une intervention illégitime, mais que la Russie assiste des indépendantistes contre un gouvernement truffé de fascistes afin d'éviter un bain de sang à sa frontière constitue évidemment une violation épouvantable des droits d'un État souverain.

Que beaucoup de personnes qui étaient impliqués dans le coup d'Etat fussent de l'extrême droite, et même d'organisations néo-nazis, et donc très dangereux pour le pays, ils ne s’en sont pas souciés. Voir : L'extrême-droite ukrainienne.

Maintenant, un an après, l'Ukraine est dans un état désastreux: effondrement de l'industrie, de l'agriculture, du PIB, de la monnaie, et ainsi de suite; voir:La catastrophe Ukrainienne. Compte tenu des résultats, l'objectif du gouvernement américain ne pouvait pas être d'aider les Ukrainiens en aucune manière; leur seul but ne pouvait être que de ruiner le pays pour casser le projet russe d’union économique avec l’Ukraine ; ce malheureux pays n’est rien d’autre qu’un pion dans le jeu américain qui consiste à nuire autant que possible à la Russie et à ses alliés, pour ne pas laisser se développer cet Etat qui est en passe de redevenir une superpuissance. Voir : La destruction de l'Europe.


Les USA, gendarmes du monde

L'attitude des USA et de leurs alliés part finalement d'un a priori implicite qu'on ne veut pas avouer: les USA se considèrent désormais comme les gendarmes du monde, ils s'arrogent le droit d'intervenir partout sur la planète comme bon leur semble pour défendre en théorie la démocratie, et en réalité leurs intérêts; ils se donnent le droit d'organiser des coups d'Etat, d'envahir, de bombarder, d'assassiner avec des drones, ils interviennent dans les pays arabes, en Asie, et maintenant au cœur de l'Europe, sans demander l'avis ni l'autorisation de personne. Ils n'ont pas besoin d'un vote de l'ONU ni de l'accord de qui que ce soit, leurs alliés sont priés de les soutenir quoi qu'ils fassent, et ceux qui osent faire la même chose qu'eux sont évidemment des criminels, voire des clones d'Hitler.

L'extension de l'empire colonial américain

Ce que nous entendons aujourd'hui n'est rien d'autre que l'éternel discours colonisateur, qu'on répète depuis 20 siècles; pour envahir la Gaule, J. César avait déjà inventé une prétendue invasion helvétique contre laquelle les Gaulois lui auraient demandé son aide. L'invasion française de l'Algérie fut également justifiée par des conflits locaux, et on peut reprendre l'histoire de la constitution de tous les empires coloniaux de l'histoire, on entend toujours le même éternel discours : l'envahisseur prétend défendre le peuple qu'il envahit contre un ennemi supérieur en forces, il déclare vouloir apporter la civilisation, la justice et la paix. C'est là le point commun entre les guerres en Afghanistan, en Irak, en Lybie, en Syrie, et maintenant en Ukraine. 

Les envahisseurs ont également pour habitude de placer à la tête de leurs colonies des marionnettes qu'ils manipulent à leur guise, et auxquelles ils font dire ce qu'ils veulent; c'était, entre autres milliers d'exemples, le rôle du roi Hérode en Palestine, il y a 2000 ans; c'est le cas de Porochenko et Iatseniouk aujourd'hui. 

Les USA savent qu'ils sont en train de perdre leur leadership économique sur la planète; il leur faut impérativement conserver leur avance militaire pour rester la première puissance du monde; de ce point de vue, les Russes sont les seuls à pouvoir les tenir en respect; c'est pourquoi leur nouvel objectif est depuis un an d'abattre la Russie économiquement. Moyennant quoi, ils sacrifient les intérêts de l'Europe, et pire encore, prennent le risque de déclencher un conflit mondial d'une ampleur incontrôlable. 

Toute la propagande officielle est bâtie sur le mythe du "sauveur" : il faut sans cesse "sauver le monde" contre des dangers de toutes sortes; on commence donc par fabriquer des peurs, inventer des dangers, des méchants, contre lesquels les populations seraient évidemment sans défenses; survient alors le "sauveur", auquel on n'a plus qu'à confier ses intérêts pour être tranquille. Malheureusement, le "sauveur" ne travaille pas gratuitement, il s'installe dans la maison, se met à table, et commande en maître; et le pauvre peuple qui a fait appel à lui n'a plus qu'à le servir; c'est la fable de La Fontaine, "Le jardinier et son seigneur":

 Petits Princes, videz vos débats entre vous.
De recourir aux Rois vous seriez de grands fous.
Il ne les faut jamais engager dans vos guerres,
    Ni les faire entrer sur vos terres.


Le mythe de la "révolution populaire"

Concernant le débat sur la prétendue révolution ukrainienne qui est en fait un coup d'état américain, il me semble utile de rappeler quelques notions fondamentales de science politique. La notion même de « révolution populaire » est un mythe politique fortement utilisé par tous les gouvernements et très populaire dans les médias, mais en réalité cela n'a pratiquement jamais existé. La soi-disant « révolution anglaise » était en réalité une fronde des seigneurs, tout à fait comparable à la fronde française du milieu du XVIIe siècle. La Révolution Française de 1789 est peut-être la seule qui mérite ce nom-là, encore qu'elle ait été relativement peu populaire ; elle fut essentiellement bourgeoise, et la participation des masses, tout à fait notable, a totalement été récupérée politiquement ; en 1848, tout le monde, y compris dans les milieux ouvriers, en était bien conscient, et s’en souvenait encore parfaitement. Le mouvement révolutionnaire qui perdure en France tout en s'essoufflant en 1830 et 1848 ne débouche jamais que sur deux restaurations, la première royaliste, la deuxième bonapartiste. Les « élites » politiques ont appris à gérer ce genre d'événements, qui sont encore spontanés à l'époque, pour les retourner à leur profit.

Mais le plus important est qu'un certain nombre de penseurs politiques du XIXe siècle, Karl Marx et Friedrich Engels en tête, observent scrupuleusement, et étudient d'une manière réellement scientifique ce phénomène, pour en élaborer une théorie qui permette de le reproduire tout en le contrôlant. Fort de cette théorie, Lénine organise la deuxième « révolution » russe de 1917 qui est évidemment un coup d'Etat communiste. La réussite, relative mais indiscutable, de cette soi-disant révolution amène ensuite les intellectuels communistes à parfaire la théorie marxiste de manière à élaborer une stratégie de la révolution organisée et contrôlée qui va se montrer d'une efficacité absolument redoutable. Les conseillers soviétiques vont ainsi mettre à profit leur science politique pour répandre le communisme dans le monde avec le succès que chacun connaît. Mais en réalité aucune des prétendues « révolutions » communistes au XXe siècle n’a été une révolution populaire ; il ne s'est jamais agi, absolument dans tous les cas, que de coups d'Etat organisés sous l'égide du KGB.

Après la guerre, cette expansion du communisme, sous l'effet de ce genre de révolutions, inquiète dramatiquement les États-Unis, qui, surtout après la révolution de Cuba, commencent à se sentir véritablement eux-mêmes en danger. À leur tour, les politiciens américains se mettent à l'étude de la science révolutionnaire, et vont l'appliquer dans un premier temps en Amérique du Sud, pour contrecarrer l'expansion communiste dans une zone qu'ils considèrent comme relevant naturellement de leur autorité, et en profitant également de la tradition révolutionnaire très originale des généraux sud-américains (les Boliviens étant les champions du monde de ce sport, toutes catégories confondues).

Après l'effondrement de l'URSS, la Russie abandonne définitivement, et pour cause, la politique d'hégémonie du communisme. Cela laisse du coup le champ libre aux États-Unis.

C'est en fait dans les pays musulmans producteurs de pétrole que la concurrence entre Russes et Américains avait déjà commencé à se faire sentir ; l'Iran a été le premier pays hors du continent américain où les USA ont mis en application de manière concrète leur science du coup d'état habillé dans le costume de la « révolution ». Le renversement du chah d'Iran, provoqué par sa décision de doubler le prix du pétrole, n'a jamais été rien d'autre qu'un coup d'état monté par la CIA, avec d'ailleurs l'appui de la France, pour apprendre aux états producteurs du pétrole à vouloir faire payer les USA. La participation du « peuple » iranien à ce coup d'Etat ne fait illusion auprès de personne ; les Iraniens qui avaient envie de se retrouver avec un ayatollah à la tête du pays ne représentaient qu'une très faible minorité. Mais la CIA avait parfaitement compris comment on pouvait d’un côté faire sortir des foules de jeunes dans la rue, à l'aide de quelques slogans et en maîtrisant les médias, tout en préparant la mise en place d'un gouvernement qui ne correspondait en rien aux aspirations du peuple. La réussite brillante de cette opération qui aurait dû servir d'exemple aux masses populaires pour ne plus se laisser avoir, n’a en réalité servi d'expérience qu'aux cadres de la CIA pour recommencer le plus souvent possible.

Depuis la chute de l'URSS, forte de son expérience d'un côté et de la disparition du concurrent de l'autre, la CIA n’a plus cessé de multiplier ce genre d'opérations partout dans le monde, ce qui explique que nous voyons aujourd'hui sur la planète fleurir des révolutions de toutes les couleurs et des printemps en toutes les saisons dans tous les pays dont les chefs d'État n'ont pas fait allégeance aux USA. La « couleur », le « printemps », ne sont rien d'autre que d’aimables slogans publicitaires ressortis systématiquement par le fabricant pour vendre son produit à l'ensemble de l'opinion mondiale. La vente du produit est d'autant plus facile que les régimes en question, qui n'étaient guère brillants au départ, ont été ensuite copieusement diabolisés par des campagnes médiatiques planétaires, de sorte que personne ne regrette leur disparition. On a réussi à mettre ainsi dans la tête de tout le monde l'équation suivante : dictature implique révolution, implique changement de régime.

Et curieusement, la réflexion est priée de s'arrêter à ce stade. Qu'est-ce qu'il y a après le changement de régime en question ? Est-ce qu'on y a vraiment gagné quelque chose ? Est-ce que les peuples qui sont censés avoir fait cette révolution en tirent véritablement un bénéfice ? Voilà les questions qu'on n'a pas le droit de se poser. Car la constante de toutes ces prétendues « révolutions » est qu'elles aboutissent à la mise en place de régimes qui sont encore pires que les précédents, et dont la seule vertu sera de ne plus avoir les moyens de s'opposer à l'hégémonie américaine. Mais cela n'intéresse plus les médias : l'important, c'est que chacun répète que ce qui s'est passé a été le fait de la volonté populaire, et que donc il n'y a rien à discuter. En réalité, depuis le début du XXe siècle, il n'y a jamais eu aucune révolution populaire : dans tous les cas, ce qu'on a appelé « révolution » n'a jamais été rien d'autre qu'un coup d'Etat organisé soit par le KGB jusque dans les années 80, soit par la CIA depuis le renversement de  Mohammad Mossadegh en 1953.

Il en va de même aujourd'hui avec tous les « printemps » arabes, dont la constante est de faire chuter des états laïques qui, si peu brillants soient-ils et même franchement lamentables,  avaient tout de même pour objectif le développement économique de leur pays, pour les remplacer par des autorités prétendument religieuses, mais en réalité capables seulement de ruiner totalement le pays. Les États-Unis ont d'ailleurs à leur disposition tout un panel de « sanctions économiques » pour les y aider. Mais ça ne fait rien : le discours politico-médiatique se focalise sur la grande joie qu'il y a eu à faire sauter un dictateur, ce qui suffirait en soi à compenser la ruine absolue du pays qui s'ensuit. Comme l'a dit Hillary Clinton : « la chute de Saddam Hussein vaut bien la mort de 500 000 Irakiens. » On ne demande pas là-dessus l'avis des intéressés.

C'est encore une fois le même scénario qui s'est répété en Ukraine et il est maintenant très bien rodé : on a laissé croire aux foules qu'un avenir radieux les attendait si elles rejoignaient le camp occidental, on les a poussées à se battre et à renverser par la violence un gouvernement, certes inefficace et corrompu, mais élu par des élections démocratiques ; on les a laissées croire qu'elles rentraient dans la légende des peuples révolutionnaires ; et puis on leur a fourgué un gouvernement à la botte des USA, en les invitant immédiatement à voter pour lui, comme si elles l'avaient choisi ; dans l'excitation, elles oublient que les pantins en question sont des gens pour lesquels elles n'auraient jamais voté dans des conditions normales, pas plus que les Iraniens pour des ayatollahs.

Ensuite, ce gouvernement de marionnettes n'a plus qu'à organiser le chaos dans le pays de sorte qu'il n'existera plus politiquement. C'est en fait ce que les USA auraient souhaité faire en Russie, mais ils n'en avaient pas les moyens ; ils se sont contentés de l'Ukraine, parce que c'était déjà un bon moyen pour affaiblir la Russie entière, en lui faisant porter la responsabilité du chaos organisé par les USA. D'une petite pierre, ils ont fait un peu plus d'un coup.


Les USA au pouvoir en Ukraine

Si nous faisons un rapide tour d'horizon des principaux dirigeants de l'Ukraine aujourd'hui, que voyons-nous ?

- Le président Porochenko est un agent américain (voir lien ci-dessus)

- Le premier ministre Iatseniouk a été mis en place par le département américain, en particulier par Victoria Nuland (lien ci-dessus); il est également accusé par nombre de gens aux USA d'être un dirigeant de l'Eglise de Scientology. Voir : 

http://www.dallasblog.com/201402181010101/dallas-blog/soros-hires-scientologist-to-conquer-ukraine.html

http://m.strategic-culture.org/news/2014/04/01/the-charge-of-the-scientology-brigade.html

- Le président du parlement, Tourtchinov, est également le pasteur d'une secte américaine, donc un agent américain aussi. Voir : 

http://www.christianpost.com/news/baptist-pastor-oleksandr-turchynov-named-acting-president-of-ukraine-christians-thank-god-for-peace-115207/

- La nouvelle ministre de l'économie, Natalia Iaresko, est également américaine. Voir : 

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/12/02/l-ukraine-appelle-des-etrangers-a-la-rescousse-pour-former-son-gouvernement_4533094_3214.html

- Le fils de Joe Biden, vice-président des USA, a été nommé au conseil d'administration de Burisma Holdings, le plus important producteur privé de gaz du pays. Voir : 


http://www.lopinion.fr/14-mai-2014/ukraine-plein-gaz-fils-joe-biden-12278

Après tout ça, que reste-t-il de pouvoir au peuple ukrainien pour gérer lui-même ses affaires ? L'Ukraine n'est plus rien d'autre aujourd'hui qu'une colonie des USA. Cela ne les empêche pas d'accuser la Russie d'intervenir dans les affaires d'un Etat indépendant; on croit rêver ! 



L’actualité de la crise au jour le jour sur : Europe et Russie

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Voir aussi : 

La destruction de l'Europe

Le néofascisme américain

La catastrophe ukrainienne

La constitution de la Crimée

L’extrême droite ukrainienne

Crash du Boeing MH 17

La politique des sanctions

La stratégie de manipulation des masses

La guerre civile

Vers une guerre contre la Russie

Les accords de Minsk 2

P. C. Roberts et l'hégémonie américaine

La doctrine de Brzezinski

La doctrine de Wolfowitz

Les USA et les Moudjahidines